Vive la grève chez Amazon !
C’était une première au Royaume-Uni dans cette entreprise connue pour faire la chasse aux militants syndicaux, aux États-Unis et à travers le monde.
Une partie significative des salariés ont tenu à dire qu’ils n’en peuvent plus des semaines de 60 heures pour boucler les fins de mois ni du flicage et de la pression constante à la productivité. Alors que les salaires ne sont que de 10,50 livres (12 euros) de l’heure, la direction proposait une hausse de 0,50 livre. Une provocation, dans un contexte où l’inflation dépasse 10 % et dès l’été dernier avait provoqué des débrayages sauvages sur plusieurs sites. Cette offre dérisoire avait d’autant plus choqué que les salariés d’Amazon, comme tant d’autres, n’ont jamais cessé de travailler pendant la pandémie de Covid.
Pour en arriver à cette action collective, les travailleurs d’Amazon, qui parlent 40 langues différentes, ont su surmonter les barrières linguistiques, ainsi que les nombreux obstacles légaux à la grève – notamment la consultation des syndiqués par voie postale qui, quoique étirée sur des semaines, a finalement abouti à un vote de 98 % en faveur de la grève. Il est à espérer que cette mobilisation inédite confortera parmi les travailleurs l’envie de résister aux attaques. Car Amazon vient d’annoncer la fermeture de trois de ses entrepôts britanniques, soit 1 300 emplois menacés.
