Yémen : victime des grandes puissances



Ce pays de 28 millions d’habitants a toujours été considéré par l’Arabie saoudite comme sa chasse gardée. L’intervention de celle-ci à la tête d’une coalition militaire, en mars 2015, visait à écraser une rébellion menée par des milices dites houthistes, accusées d’être liées à l’Iran. Le régime saoudien défendait ainsi ses propres intérêts face à une puissance rivale. Mais il avait bénéficié du soutien des grandes puissances occidentales, celui des États-Unis en premier lieu, qui voyaient là un moyen supplémentaire de menacer l’Iran.

Malgré le soutien militaire américain, après des années de bombardements et des destructions massives, l’Arabie saoudite et ses alliés des Émirats ne sont toujours pas parvenus à s’imposer et se retrouvent enlisés dans une guerre sans fin. Année après année, les organisations internationales alertent sur les conséquences dramatiques pour la population. En octobre 2021, la situation était décrite par l’ONU comme « la pire crise humanitaire que le monde ait connue depuis des décennies ».

Aucun dirigeant des grandes puissances occidentales n’appelle pour autant à boycotter le pétrole saoudien ou à prendre la moindre sanction contre les responsables de ces massacres. Au contraire, ils continuent d’apporter un soutien sans faille à l’Arabie saoudite et à ses alliés, profitant de l’occasion pour faire le bonheur de leurs marchands de canons et autres fabricants d’armes qui encaissent les dividendes de cette sale guerre.

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