RATP – ligne 14 : des trains qui circulent tout le temps ?



Apparemment, la grève des salariés RATP et SNCF de l’hiver dernier a laissé des cicatrices qui démangent encore Pécresse. Celle-ci était ministre de Sarkozy quand il avait déclaré en 2008 qu’en France, quand il y avait une grève, plus personne ne s’en apercevait. Pour ce genre de politiciens, les travailleurs ne devraient avoir le droit de se défendre que si cela ne gène en rien les patrons. Autant dire que les dernières grèves dans les transports, que ce soit contre le pacte ferroviaire en 2018 ou la réforme des retraites en 2019-2020, ont été un douloureux retour à la réalité. Quand les travailleurs se mettent en grève, ça se voit !

L’automatisation permet d’augmenter la fréquence des trains, ce qui est utile sur les lignes les plus saturées. Mais pour la RATP et IdFM, comme dans toutes les entreprises, c’est aussi le moyen de faire de substantielles économies sur les effectifs, et au passage de se débarrasser des conducteurs, c’est-à-dire des salariés dont les grèves ont des conséquences directes. Quand tout se passe bien, cela fonctionne, mais en cas d’incident, ça coince. Ainsi, à l’été 2018, des milliers de voyageurs s’étaient retrouvés bloqués dans les tunnels en pleine canicule sur les lignes 1 et 14, et il avait fallu des heures aux salariés, trop peu nombreux, pour évacuer tout le monde. La preuve que, même avec une ligne automatique, les suppressions de personnel ne sont pas justifiées.

Et puis, ce n’est pas un vaccin contre la contestation : si ces travailleurs moins nombreux décident de se mettre en grève, et les raisons ne manquent pas, les lignes automatiques s’arrêteront comme les autres !

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