Une expertise en… dédouanement
Le lendemain, elle décédait de blessures faites « dans les règles de l’art », si l’on en croit l’expertise judiciaire qui emploie ces termes pour caractériser la façon dont un policier a tiré la grenade mortelle.
Selon la conclusion du rapport, la grenade a « atteint la victime de manière totalement accidentelle » : le policier tireur n’aurait donc rien à se reprocher. On notera que l’expert est vraiment trop fort : il a vu un sans-faute dans un tir effectué à 37 mètres de distance, et cela sans même avoir rencontré ni interrogé le tireur. Et pour cause ! Ce dernier, sans doute trop modeste devant tant d’éloges, ne s’est toujours pas fait connaître, un an et demi après les faits. Précisons enfin que ledit expert est lui-même un policier.
L’instruction du dossier finissant par paraître trop partiale, la justice a décidé de le dépayser à Lyon. Mais sans garantie aucune que les juges lyonnais ne retiendront pas cette expertise.
Ainsi vont la police et la justice républicaines.
