Toilettes des gares parisiennes : aux ch... les exploiteurs !



La gestion des toilettes a été sous-traitée en 2015 par la SNCF à l’entreprise 2theloo (« aux toilettes » en anglais), qui a ensuite elle-même sous-traité le ménage à Derichebourg, dans le cadre d’un contrat qui s’arrête en 2019. En quelques années, les femmes de ménage, qui travaillent souvent depuis plus de dix ans, ont donc vu les patrons défiler. À plusieurs reprises, ceux-ci ont essayé de les laisser sur le carreau ou de s’en prendre à leurs conditions de travail. Alors elles se sont battues. En 2015, elles ont fait grève neuf jours contre 2theloo. Elles ont aussi fait grève en 2016, au moment du passage à Derichebourg, et en mai 2019. C’est à ce prix qu’elles sont restées en place.

Le donneur d’ordre, la SNCF, se défausse bien entendu sur les sous-traitants. Mais c’est bien elle la responsable de leur situation et de leurs conditions de travail. Et celles-ci sont difficiles : la nuit, elles sont souvent seules dans des toilettes où violences et drogue sévissent.

À présent, l’entreprise 2theloo refuse de les reconduire. Elle n’a proposé que huit postes sur 30, et encore ! Il s’agirait de postes au rabais, sans leur ancienneté, sans majoration salariale de nuit ; les deux jours de repos hebdomadaires passeraient à un jour, etc. Cela s’accompagne de propos méprisants : elles se sont entendu dire qu’elles étaient trop âgées, et que les agents de toilettes devraient être maquillées ! Quant à leur employeur Derichebourg, il affirme qu’elles garderaient leurs conditions de travail à condition d’accepter la mobilité.

Les femmes de ménage ont l’expérience de leurs luttes passées, face à d’autres chantages. Elles sont bien décidées à imposer le respect aux patrons du ménage.

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