Arjowiggins – Sarthe : après la liquidation judiciaire

Lorsque le groupe Lessebo s’est présenté comme candidat à la reprise, l’État et les collectivités locales étaient même prêts à abonder le financement à hauteur de 32 millions d’euros pour l’aider. Mais lorsque le tribunal de commerce a demandé au groupe d’apporter 33 millions d’euros de son côté, il a retiré sa proposition de reprise.
Le résultat est tombé vendredi 29 mars : la liquidation judiciaire a été décidée, avec près de 800 travailleurs qui se retrouvent sur le carreau, sans compter les sous-traitants.
Quant au groupe Sequana, qui est à l’origine de cette situation parce qu’il veut se débarrasser de la production de papier qu’il ne juge plus assez rentable – un groupe dont l’État est actionnaire à hauteur de 15 % – il n’aura eu aucun compte à rendre.
Depuis, le préfet et la présidente de Région ont réuni une cellule de crise pour aider les travailleurs d’Arjo à retrouver un travail. « À situation exceptionnelle, nous proposons aujourd’hui des mesures exceptionnelles » a affirmé sans honte la présidente de Région, avant d’annoncer que celle-ci et l’État allaient débloquer… 2,5 millions d’euros pour la formation et 900 000 euros « d’aides à la mobilité ».
De la formation… Voilà qui va faire une belle jambe aux travailleurs du sud Sarthe déjà bien sinistré ! Mais surtout, ces 2,5 millions sonnent comme une insulte pour les travailleurs alors que, il y a une semaine encore, l’État était prêt à offrir 32 millions à un patron qui aurait repris les usines.
2,5 millions pour les travailleurs, 32 pour les patrons, de quoi voir rouge !
Lundi 1er avril, un petit groupe d’ouvriers de la papeterie de Bessé-sur-Braye s’est retrouvé sur le parking en face de l’usine. Ils ont commencé à enflammer palettes et rouleaux de papier pour témoigner de leur rage. Le sentiment qui se développe chez quelques ouvriers est qu’on les a lanternés avant de chercher à se débarrasser d’eux. Mais les travailleurs d’Arjowiggins n’ont peut-être pas fini de faire parler d’eux.
