Migrants en Méditerranée : pour un enfant sauvé...
Alors qu’elle était enceinte de Mercy, sa mère a fui le Nigeria avec son compagnon, contraints de laisser sur place un enfant de 17 ans avec l’espoir qu’il les rejoindrait plus tard. Elle s’est retrouvée à bord d’un bateau gonflable, secourue en pleine mer et accouchant à son arrivée dans le port de Catane, en Sicile. Son histoire, semblable à celles de bien d’autres femmes, serait passée inaperçue sans la présence d’un journaliste ce jour-là, à bord de l’Aquarius.
Depuis treize mois, la mère et la fille vivent dans le plus grand camp officiel de réfugiés en Europe, situé en Sicile sur une ancienne base de l’OTAN. Il était, il y a peu encore, aux mains de mafias y organisant des réseaux de traite d’êtres humains et de prostitution, avant que les autorités italiennes ne reprennent sa gestion en main.
Mercy et sa mère viennent seulement d’obtenir un permis de séjour de deux ans en Italie.Cela ne signifie en rien qu’elles soient tirées d’affaire. Mais cette histoire illustre toute l’ignominie de la politique des États européens. Jamais avares de déclarations lénifiantes sur l’importance d’accueillir dignement les réfugiés, ils laissent le plus longtemps possible les migrants parvenus jusqu’ici croupir dans des camps sordides au sud de l’Europe.
