Italie : des “antisystème” prêts à tout pour gouverner



Le mouvement de l’ex-comique Grillo a construit son image de parti « faisant de la politique autrement » sur la dénonciation de la « caste », comme il désigne les politiciens des vieux partis italiens. Sorti largement en tête des élections du 4 mars, sans pour autant pouvoir se passer d’accords avec d’autres partis pour former un gouvernement, le M5S a abandonné l’intransigeance envers les vieux partis – avec lesquels il était jusque-là hors de question de s’allier. Il ne parle maintenant que d’exclure les accords avec des politiciens impliqués dans des affaires judiciaires.

Le Mouvement 5 étoiles avait déjà fait la preuve de sa souplesse d’échine en allant sur le terrain de la démagogie antimigrants cher à la Ligue xénophobe de Salvini. Luigi di Maio, le symbole costumé et cravaté de la capacité à gouverner du M5S, s’est mis à revendiquer lui aussi une « priorité aux familles italiennes ».

À mesure que la possibilité de trouver un accord pour se partager le pouvoir se concrétise, les paroles se font plus douces, du côté du M5S comme de la Ligue. Son dirigeant Salvini a constaté : « En fait, nous ne nous connaissions pas bien et nos premières rencontres ont été positives. » Lui qui, pendant la campagne, n’avait pas de mot assez fort pour condamner l’idée du « revenu citoyen », mesure phare de la campagne du M5S, évoque maintenant une possibilité de revenu lié à un « retour vers l’activité ».

Les mariages réussis reposent paraît-il sur l’art du compromis entre les époux. Entre la Ligue et le M5S, cela sera d’autant plus facile qu’il ne s’agit que de piétiner des promesses électorales qui n’engagent que ceux qui y croient !

Article suivant :