La Roya : la solidarité est un devoir, pas un délit



Ce jugement sonne comme une victoire pour tous ceux qui, comme Cédric Herrou, se battent contre la politique répressive du gouvernement à l’encontre des migrants. Ses attendus même pourront être utilisés dans ce combat, par exemple lorsque les juges affirment que, vu la détresse physique et morale des migrants tentant de passer coûte que coûte la frontière entre l’Italie et la France, « il ne saurait être reproché à quiconque de leur avoir ouvert la porte, donné une écoute ou des moyens d’hygiène ».

Ces mots sonnent comme un rappel du texte que la mère de Cédric Herrou avait envoyé au procureur, rappelant l’histoire de sa propre famille, semblable à celle de bien des migrants actuels : « Ma grand-mère paternelle a elle aussi, en 1918, passé la frontière d’Italie à pied, par les montagnes. Elle a perdu le bébé qu’elle portait au cours de ce périple. Elle s’est louée comme une bête de somme pour tirer les charretons. Je me souviens d’elle avec la lanière de cuir qui lui barrait le torse. »

Comme l’a déclaré Cédric Herrou devant les manifestants venus le soutenir à la sortie du tribunal : « On continuera à agir, et ce n’est pas sous la menace d’un préfet ni les insultes d’un ou deux politiques que nous arrêterons. Nous continuerons, car c’est nécessaire de continuer. »

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