ArcelorMittal – Dunkerque : la vie des ouvriers après les profits



Cette décision est d’autant plus scandaleuse que récemment il y a eu deux graves accidents, sur les deux sites de Dunkerque : à Grande-Synthe, un ouvrier intérimaire a eu deux doigts écrasés lors d’une opération de maintenance ; à Mardyck, un ouvrier a été très gravement blessé, écrasé entre deux charges en intervenant sur un vérin défectueux. ArcelorMittal ayant supprimé le service de pompiers du site de Mardyck, il a fallu attendre l’intervention des pompiers du site de Grande-Synthe, situé à cinq kilomètres.

L’an passé, en sept mois, trois ouvriers sont morts sur le site de Grande-Synthe. Depuis, il y a eu de nombreux accidents : ainsi, des wagons transportant des brames d’acier se sont décrochés d’une locomotive et sont venus percuter un mur ; il y a eu une explosion au moment de l’allumage d’un haut-fourneau.

Le recours à l’intérim, à la sous-traitance, comme le pratique ArcelorMittal, est d’autant plus criminel que les travailleurs doivent être opérationnels immédiatement, sans même connaître le site.

Sur les trois ouvriers décédés l’an passé, deux étaient intérimaires ; celui qui s’est fait écraser les doigts la semaine dernière n’était là que depuis deux jours.

Suite aux accidents mortels de l’an passé, la direction a programmé une formation de prévention aux risques appelée Take Care, à grand renfort de communication. Mais cette opération, qui ne concerne même pas les intérimaires et les sous-traitants, n’est finalement qu’une manière de se dédouaner des accidents à répétition. Dans la réalité, les travailleurs sont soumis à une pression constante pour assurer en toute situation les quotas de production, au mépris de la sécurité.

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