Budget 2017 : tout pour les patrons
La nouveauté pour le 1er janvier 2018 est le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. C’est peu de dire que cela n’arrangera en rien les soucis des salariés et des retraités. Et si la communication du gouvernement insiste sur une future baisse des impôts pour certains contribuables modestes, il faudra sans doute la chercher à la loupe, tant la pression fiscale globale est pesante par le biais de la TVA. Cette dernière rapporte à elle seule la moitié des recettes fiscales et, si tout le monde la paie, elle pèse plus lourdement sur les plus démunis.
Quand Sapin et Eckert parlent de relâcher la pression, ils s’adressent aux entreprises. Leur projet est de baisser le taux de l’impôt sur les sociétés, l’IS, de 33,33 % actuellement à 28 % en moyenne sur les trois prochaines années, à commencer par les PME. Un effet d’annonce, quand on sait que, pour les gros groupes du Cac 40, l’IS plafonne à une moyenne de 8 % grâce à « l’optimisation fiscale » ! Et, comme il ne faut pas arrêter en si bon chemin une politique qui, depuis 2012, a permis aux dirigeants d’entreprises de cumuler quelque 100 milliards d’économies sur les prélèvements obligatoires, le CICE, ce couteau suisse des cadeaux au patronat, va pouvoir passer de 6 à 7 % de la masse salariale jusqu’à 2,5 fois le smic. Un cadeau à 3 milliards d’euros… et autant de manque à gagner sur le budget. Mesquins ceux qui rappellent que le CICE, le crédit impôt recherche et autres dispositifs n’ont créé aucun emploi, puisque le nombre de chômeurs n’a cessé de croître depuis 2012.
Alors, où chercher les quelques « mesures acceptables » que des députés PS « frondeurs » prétendent apercevoir dans le PLF 2017 ?
Certainement pas dans l’augmentation de la contribution audiovisuelle, pas plus dans le bruit de coup de pouce aux petites retraites. La baisse du taux de CSG sur les petites pensions, même si elle avait lieu, ne compenserait pas leur blocage pour une année supplémentaire. Non, pour l’immense majorité des familles populaires, il n’y a rien qui puisse, au dernier moment, laisser à penser que ce gouvernement, finalement, leur serait plus amical qu’un autre. Au contraire, tout est dans la continuité du quinquennat, au service exclusif des capitalistes et fier de l’être.
