Adama Traoré : première victoire pour la famille



La mort du jeune homme, alors qu’il était aux mains de la gendarmerie, avait soulevé la colère de ses proches et provoqué des émeutes à Beaumont- sur-Oise. Et les déclarations pour le moins partielles, voire mensongères, du procureur de Pontoise ont contribué à jeter de l’huile sur le feu. Dans un premier temps, il a mis en avant des lésions dues à une infection grave qui auraient pu entraîner la mort – ce qui s’est révélé faux – mais a omis à deux reprises une conclusion de l’autopsie mettant en avant un syndrome asphyxique : le jeune homme serait mort parce qu’il était privé d’oxygène.

Les témoignages des gendarmes, qui ont affirmé s’être mis à trois sur le jeune homme pour le maîtriser, corroboraient plutôt cette version. Mais le procureur s’est gardé d’en faire état. Pire, ce dernier a déclaré que le prévenu avait consommé du cannabis probablement « une à deux heures avant l’interpellation », alors que les expertises montrent qu’Adama Traoré n’avait consommé ni drogue ni alcool. Le procureur s’est donc ingénié à discréditer le prévenu et à blanchir les forces de l’ordre. L’avocat de la famille a demandé le transfert dans une autre juridiction. Le supérieur du procureur a accédé à cette demande et va saisir la Cour de cassation dans ce sens.

Rien ne garantit qu’une autre juridiction soit prête à faire la lumière sur la mort d’Adama Traoré. Mais c’est un premier pas pour la famille.

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