Moteurs polluants : à bas le secret des affaires !

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, s’est entendu demander sur France Inter : « Est-ce que c’était le rôle de la CGT de rendre publiques ces perquisitions opérées chez Renault et de suggérer qu’il y avait eu trucage sur les émissions polluantes ? (…) Comment voulez-vous qu’on ne fasse pas le lien avec l’affaire Volkswagen et qu’il n’y ait pas le soupçon de trucage ? (…) Ça a fragilisé grandement l’entreprise (…) : chute de l’action à la Bourse, des milliards de capitalisation ont été perdus. »
À écouter ces personnes dont le métier est pourtant prétendument d’informer, il y a des choses qu’il faudrait taire. Il faut croire que si des travailleurs, avant la catastrophe d’AZF Toulouse qui a fait plus de 30 morts et des milliers de blessés, les avaient informés des conditions dangereuses de stockage des produits chimiques, ils se seraient indignés que des ouvriers « fragilisent l’entreprise ».
Cette fois-ci, les militants syndicaux n’ont eu à affronter que des critiques de journalistes car rien d’illégal ne peut leur être reproché. Mais s’ils veulent révéler à la population les tricheries et les mensonges du patronat, les travailleurs encourent les foudres de la justice. Car la loi protège le sacro-saint secret des affaires contre les intérêts des travailleurs et l’intérêt général de toute la population.
Alors oui, le secret industriel et commercial devrait être levé et les travailleurs devraient avoir le droit de tout révéler de ce qu’ils savent sur les conditions de travail, de production, de financement. D’autant plus qu’il ne faut évidemment pas compter sur bon nombre de journalistes pour en avoir le souci.
