L’Europe et les migrants : le mythe de l’aide au développement



Un fonds de 1,8 milliard d’euros a été créé, censé soutenir les économies locales en Afrique. Une somme bien dérisoire par rapport à l’objectif affiché de favoriser le développement des États africains afin de dissuader des candidats à l’émigration. En contrepartie, les dirigeants européens ont exigé que les États africains coopèrent davantage au retour forcé des migrants expulsés d’Europe. Dans un premier temps, dix pays africains vont envoyer en Europe des officiers d’immigration chargés de déterminer la nationalité des migrants pour pouvoir les renvoyer plus facilement.

Ainsi une partie des fonds serviront à financer la mise en place d’un registre d’état civil moderne et automatisé. C’est dans la logique de l’évolution qui a vu, ces dernières années, l’aide publique au développement baisser alors qu’une part croissante de celle-ci est en fait consacrée au contrôle des frontières.

Cette politique qui consiste, pour les États européens, à sous-traiter la chasse aux migrants n’est pas nouvelle. Il y a plus de dix ans, des fonds avaient été débloqués au profit de dictatures, notamment celle de Kadhafi, pour qu’ils retiennent des migrants pendant des années et dans des conditions atroces en plein désert.

Mais il n’y a rien d’autre à attendre de la part de ces chefs d’États qui organisent le pillage de la plus grande partie de la planète au profit des bourgeoisies des grandes puissances occidentales, condamnant des milliers de femmes et d’hommes à la misère et à l’exil.

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