Birmanie : Aung San Suu Kyi plébiscitée



Aung San Suu Kyi est la fille du général Aung San, qui négocia en 1947 l’indépendance de la Birmanie avec les Britanniques mais qui fut assassiné par ses rivaux la même année. Sa mère fut ambassadrice de Birmanie en Inde dans les années soixante. Aung San Suu Kyi termina ses études supérieures en Grande-Bretagne et travailla un temps aux Nations unies avant de revenir en Birmanie.

En 1988, elle créa la Ligue nationale pour la démocratie et remporta les élections de 1990 avec 80 % des voix. Mais celles-ci furent aussitôt annulées par la junte. Un an avant, les dirigeants de l’armée l’avait même incitée à quitter le pays, sans succès. Elle fut alors placée en détention surveillée. En 1991, elle reçut le prix Nobel de la paix, ce qui augmenta sa popularité, mais ce n’est qu’en 2002 qu’elle fut remise en liberté. En 2003, des paramilitaires liés à la junte tentèrent sans succès de l’assassiner. Elle fut ramenée en prison puis à nouveau placée en résidence surveillée et empêchée de participer aux élections de 2010.

La junte militaire s’est officiellement autodissoute il y a quatre ans, mais elle dispose d’office, quel que soit le résultat du scrutin, d’un quart des députés, et pourra encore lui mettre des bâtons dans les roues.

Mais Aung San Suu Kyi pourra s’appuyer sur une popularité nourrie par sa perpétuelle mise à l’écart, d’autant plus qu’ainsi on n’a jamais pu la voir à l’œuvre. Aux affaires, elle ne se distinguera certainement pas beaucoup des civils qui ont succédé à des militaires dans cette région, élus par les plus déshérités pour servir ensuite les intérêts des classes possédantes dont ils étaient issus. Il semble qu’elle ait toutes les qualités requises sur ce plan, autoritarisme compris.

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