Avec ou sans Rebsamen : les attaques continuent
Rebsamen a fait le boulot qu’on lui demandait, signant les projets de textes préparés par d’autres. Le même Rebsamen, dans un cri du cœur, peut-être à la sortie d’une rencontre des amis du vignoble de Bourgogne, a tenu à fustiger le livre de deux sommités de gauche, Badinter et Antoine Lyon Caen, ex-défenseur des droits salariés passé dans le camp d’en face, qui proposent de réduire à quasiment rien le Code du travail : « On ne peut pas comme ça, d’un coup de baguette magique, faire disparaître un Code du travail qui est le fruit du combat des salariés », a -t-il déclaré. C’est pourtant bien ce qu’a commencé à faire Rebsamen avec la loi qui porte son nom et qui réduit les droits des salariés, ne serait-ce que celui de faire respecter les règles élémentaires de sécurité, et qui réduit fortement la présence de délégués dans les entreprises.
Le gouvernement socialiste, à son arrivée, a avalisé tous les décrets destructeurs du droit ouvrier préparés par le directeur général du Travail de l’ancien gouvernement Sarkozy, Combrexelle, le plus haut fonctionnaire du ministère du Travail, qui a autant si ce n’est plus de pouvoir que le ministre. Hollande a tenu à le maintenir à ce poste stratégique, lui confiant après cela la mission de préparer « une refonte et simplification du Code du travail ». Rapport que Combrexelle est censé remettre dans un avenir proche et qui devrait servir à une nouvelle remise en cause des droits des travailleurs.
C’est dire s’il n’y a aucune question à se poser sur qui va hériter du poste ministériel. Pour mener la guerre aux salariés, les postulants socialistes, ou de quelque étiquette qu’ils soient, ne manquent pas. Aux travailleurs à se mettre eux aussi en ordre de bataille.
