ArcelorMittal Dunkerque : troisième accident mortel en sept mois



Dans cette série macabre, la fatalité n’a aucune place.

La direction affiche à longueur d’année son soi-disant souci de la sécurité, organise des journées de sensibilisation, met au point des procédures méticuleuses d’intervention. Mais ce n’est qu’une vitrine, surtout lorsque la production est en jeu.

L’usine a battu l’an passé son record de production : 6,6 millions de tonnes d’acier. La direction se fixe l’objectif de 7 millions de tonnes. Cela avec moins de travailleurs en CDI : 3 000 aujourd’hui, contre 4 500 il y a dix ans. Mais aussi plus de précaires, CDD et intérimaires, qui représentent 20 % de l’effectif. Et un recours massif aux entreprises sous-traitantes, qui elles aussi emploient de nombreux intérimaires. Sur les entreprises d’ArcelorMittal à Dunkerque et Mardyck, les emplois précaires et de la sous-traitance représentent 40 % des effectifs. Tout cela pour économiser au maximum sur les salaires.

La direction révise constamment à la baisse les contrats avec les sous-traitants et ce sont les travailleurs qui supportent le coût de ce marchandage patronal : longues journées de travail, salaires encore plus bas, chantage à la perte d’emplois.

Partout sur le site, le travail est dangereux et demande de l’expérience. Mais bien souvent, les ouvriers formés et expérimentés sont partis et certaines phases d’activité sont confiées à des intérimaires, qui n’ont guère d’autre solution que de s’informer entre eux. Le 2 juillet, onze jours avant le dernier drame, un intérimaire qui intervenait au haut-fourneau 2 avait eu un malaise à cause de la chaleur. Il était tombé juste à côté de la rigole.

Les travailleurs d’ArcelorMittal paient sur tous les sites un lourd tribut à la soif de profit des capitalistes : en 2015, déjà neuf morts dans le groupe, dont sept travailleurs sous-traitants.

Plus que jamais, la sécurité au travail doit être imposée aux patrons par les travailleurs eux-mêmes.

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